Sous l'eau
Le projet sur lequel je travaille chez GrosseBouâte SA devait se terminer fin janvier. Seulement voilà, les gens qui nous dirigent depuis leurs hautes sphères où les contingences matérielles n’existent pas, s’avisèrent soudainement qu’il valait mieux, afin que l’entreprise affichât un taux de croissance 2011 à faire bander les investisseurs, que ce projet fût imputé à l’exercice courant et non à celui de l’année prochaine. La dead line fut donc avancée au 31 décembre.
Mon équipe et moi mîmes donc les bouchées doubles.
Quelques jours plus tard, quelqu’un réalisa soudainement que pour imputer comptablement le projet à l’année 2011, il fallait un comptable. Or, ce dernier partait en vacances le 16 décembre. Eussions-nous accompli le miracle de finir le 31 décembre que le projet aurait encore été affecté à l’année 2012 ! Pour que le petit artifice financiaro-érectile fonctionnât, il fallait impérativement boucler avant les congés de Noël du comptable. La dead line fut donc encore avancée, cette fois-ci au 15 décembre.
Mon équipe et moi arrivâmes donc le lendemain matin au bureau avec une kalachnikov pour buter tout le monde mîmes donc les bouchées quadruples.
Et l’objectif fut atteint.
Mais là, maintenant que tout est fini, j’ai un peu envie de dire : bonne année ! Et juste après, d’enchainer avec : il s’est passé quoi, dans le monde, ces deux derniers mois ?